dédié à l'AFRIQUE

Début d'un poème d'Amadou lamine Sall (Sénégal)

LES VEINES SAUVAGES (Ed. Le Cabret)

Et danse ma Tzigane

sous les tambours crevés

de ce pays crevé

au soleil crevé

où tuméfié se relève l’espoir toujours têtu

où s’arc-boutent les reins au martyre

du pilon lourd du labeur à deux sous

où s’aiguisent les prières à la lueur

de l’étoile la bougie longtemps morte

ce pays qui se veut cheminant hors les routes de la honte

aux fils rebelles à la nuit

et où pourtant les Princes acclamés

aux courtisans à l’alphabet épileptique

déterrent jusque dans la gueule des rats

et des fourmis ce qui restait pour nourrir l’enfant…

            Il y a tant d’enfants

qui ne rient plus dans mon pays…

            Et voici que j’ose avoir le temps de héler l’amour

pour t’aimer toi ma Tzigane…

            Dans mon pays

même la démarche des femmes

est un alexandrin

            Tu es venue

ajouter l’amour à l’amour

la mélodie pleine les mortiers